Découvrir

Dans la rue Saint-Laurent, aux abords de la Loue, trois hôtels particuliers ont été construits aux 16ème et 17ème siècles : l’Hôtel de Grospain, l’Hôtel Sanderet de Valonne et l’Hôtel Beauquier Doney. Découvrez leurs caractéristiques et anecdotes !

Hôtel de Grospain

Architecture

Ce premier hôtel fut construit au début du 16ème siècle. Il est caractérisé par sa couleur ocre, ses fenêtres à traverses, son escalier à vis et surtout sa tourelle en surplomb décorée d’un grotesque

Et non ce grotesque ne représente pas une “pisseuse” ! Mais plutôt une femme qui accouche, symbole de fécondité

On distingue les grotesques des gargouilles car les gargouilles, au-delà de leur fonction décorative, sont aussi pratiques : leurs figures fantastiques ouvrant la gueule cachent les évacuations des eaux de pluie. Les grotesques, quant-à-elles, ne servent qu’à orner décorativement en évoquant des messages (de peur) aux passants et leurs gueules ne sont pas nécessairement ouvertes. 

Le fait que le grotesque soit situé dans un coin signifie que le sculpteur appartient à une corporation maçonnique, c’est une signature professionnelle. Tandis que l’aspect grossier de l’œuvre est une signature intellectuelle, elle témoigne de la liberté de création de l’auteur.

La grotesque de l’hôtel de Grospain

Famille

Cet hôtel appartenait à la famille Grospain, des bourgeois ornanais anoblis par les comtes-ducs dirigeants au 14ème et 15ème siècle comme ce fut le cas pour les familles de Chassagne, Perrenot, de Chantrans, Philibert d’Andelot. Les armoiries des Grospain apparaissent dans la nef latérale droite de l’Église Saint-Laurent.

Nos armoiries  portent d’azur à la fasce d’or accompagnées de trois besans d’or posés deux et un. Etienne Grospain.

Certains noms de cette famille nous sont connus : Othenin de Grospain anobli en 1377, Guillaume qui était notaire en 1418, Estevin, Jean, Pierre.. Parmi eux, un certain Etienne de Grospain, au service de l’armée de Charles Quint en tant que capitaine de chevaux-légers, fut chargé d’annoncer la capture de François 1er à Pavie en 1525 à la comtesse de Bourgogne. Il aida à désarmer le roi de France lors de cette bataille. A cette époque, le territoire franc-comtois et bourguignon n’était pas rattaché au royaume de France mais à l’Espagne. Le compagnon d’arme d’Etienne appelé Jean d’Andelot n’obtiendra de cette bataille qu’une balafre sur la joue causée par François 1er lui-même.

Destinée

Cette solide construction fut achetée le 28 janvier 1590 par les ornanais pour ainsi devenir le premier Hôtel de Ville en mars 1591 chargé de rendre la justice. Les accusés étaient emprisonnés sous l’actuel Hôtel de Ville, rue Pierre Vernier, dans de sombres cachots qui ont disparu lors de la reconstruction en 1740.

Beaucoup plus tard, en 1825, les fonctions de mairie sont attribuées à la structure de la rue Pierre Vernier, laissant ce lieu aux mains de particuliers. On doit la croix qui se situe sur l’arrière de l’Hôtel de Grospain à l’abbé Mougeot (ancien curé d’Ornans) en retraite dans ce lieu au début du 20ème siècle.

Hôtel Sanderet de Valonne

Architecture

Construit au début du 17ème siècle, cet hôtel particulier d’Ornans se remarque par ses ouvertures à frontons triangulaires ou cintrés, brisés sur des “pots-à-feu” et ses grilles ventrues en fer forgé. Vous pouvez apercevoir sur ces grilles la représentation d’un conquistador sous la forme d’un petit personnage à barbe longue et pointue avec un chapeau surmonté d’une arabesque. 

Famille

L’origine de cette famille proviendrait d’un certain Charles François Sanderet de Valonne. Il aurait été le premier à signer avec ce nom de famille après la Révolution française. Son père, Jean-Baptiste, habitait Vuillafans jusqu’à son mariage à Ornans donnant lieu à ses quatorze enfants dont Charles François. On l’appelait Jean-Baptiste Sanderet de Vuillafans. Il était riche, respecté et important. 

Destinée

Cet hôtel, noble héritage de la famille Sanderet de Valonne, a ensuite été racheté par la ville pour la somme de 7000 Francs. En quête de locaux, Ornans avait choisi l’hôtel Sanderet de Valonne afin d’ y aménager son école primaire de garçons de 1807 à 1931. En 1932, l’ouverture du Groupe Scolaire Courbet au 1 rue Saint Laurent vient mettre fin à cette utilisation de l’hôtel. Et c’était pour le mieux car vers 1920, l’école faisait de plus en plus l’objet de réclamations sur son état de délabrement. Notamment sur les planches du balcon situé à l’arrière du bâtiment qui menaçaient de se détacher et d’emporter un enfant dans l’eau ou encore sur le pan de mur de 10 mètres de long qui était complètement écroulé dans la cour engendrant des chutes d’enfants. 

C’était les frères des écoles chrétiennes qui étaient chargés de l’enseignement.

Préau de l’école

Après l’occupation de l’école de garçons de 1807 à 1931, ce lieu fut transformé en hôtel des postes et téléphone de 1932 à 1992 puis en bibliothèque municipale et dépôts des archives d’Ornans. Aujourd’hui, l’hôtel Sanderet de Valonne n’est autre que la “Médiathèque la Passerelle”.  

Balcon arrière de la médiathèque

Hôtel Beauquier Doney

Architecture

Datant du 16ème siècle, l’hôtel est facilement repérable de par sa grande tour octogonale, autrefois coiffée d’un toit en lauzes, qui domine la rue. 

Outre les éléments relevant du 16ème siècle, des modifications sont survenues plus tard aux 17 et 18ème siècle tel que le portail qui fut édifié au 18ème siècle. 

La cour intérieure est pavée et la seconde tour d’escalier a malheureusement été tronquée. 

Tour octogonale de l’hôtel Beauquier Doney © Louane Mourot

Famille

L’hôtel Beauquier Doney provient des Beauquier de Bellehermine, famille de juristes, et des Doney, famille de notaires. 

François Joseph Beauquier de Bellehermine accompagné de Madame Chandiot, originaire de Vuillafans, étaient autorisés à fréquenter à Paris un cercle littéraire bien connu au 17ème siècle, le salon de Mademoiselle de Scudéry. En effet, François Joseph n’était pas seulement docteur en droit et avocat mais aussi poète. On peut retrouver de sa part dans les archives des poésies françaises et latines et des livrets d’opéra.

Destinée

Aujourd’hui, l’hôtel Beauquier Doney appartient toujours à des particuliers très attachés à cet immeuble. Les propriétaires actuels continuent de l’entretenir et de le mettre en valeur, notamment en restaurant le cadran solaire et les trois méridiennes visibles côté jardin (depuis le parking allée Piffard). 

Vous aimerez aussi

L’Église Saint-Laurent L’Église Saint-Laurent

L’Église Saint-Laurent

Si son architecture actuelle nous évoque le style gothique du XVIème siècle, l’Église d’Ornans date en réalité du XIIème siècle.  […]